Un Border au cƓur vif, gardien des verts pñturages,
Voyait choir chaque soir un disque d’or en nage.
« Voilà, disait-il, un fruit rare et lumineux,
Qu’il me plairait saisir pour en ĂȘtre heureux. »
Dressé sur ses deux pattes, il tendait ses griffes fines,
Croyant tenir le jour au creux de ses babines.
Mais l’astre, imperturbable, glissait entre ses doigts,
Et riait doucement de ce naïf émoi.
Un Papillon lĂ©ger, messager de l’air,
Vint voleter tout prÚs du grand chien téméraire.
« Ami, lui dit-il, cesse ce vain combat :
On ne cueille point l’or que le ciel tient pour soi. »
Le Border, un instant, suspendit son audace,
Et regarda l’insecte aux ailes pleines de grñce :
« Toi qui sembles jouer avec ce feu du soir,
Dis-moi ton secret, apprends-moi ce savoir. »
Le Papillon répondit : « Je ne prends rien, je danse ;
Je frĂŽle la lumiĂšre sans vouloir sa puissance.
Tu veux posséder ce qui doit seulement briller ;
Moi, je me contente de le contempler. »
Le chien, lors, comprit — et, paisible, s’assit,
Laissant filer le jour, sans lutte et sans souci.
Et cîte à cîte alors, dans l’orange du ciel,
Ils jouùrent tous deux
 sans toucher au soleil.
Morale :
Qui veut saisir le monde en perd souvent la joie ;
Qui sait l’admirer seul en reçoit tout l’éclat.
Jean de La Fontaine
❌ Nan je dĂ©conne !!!
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